Bal de la Saint-André, Studio William Notman & Son, Montréal, 1878
La vogue des "cartes de visites" ne dura que dix ans. Ces petites photographies cédèrent bientôt la place à des cartes d'un format supérieur (10 x 14 cm environ), appelées « cabinets », qui convenaient mieux aux portraits et aux photos de groupes. Dépourvues d'intérêt esthétique, elles n'ont pour nous qu'un valeur historique.
Autre aspect de la danse, les bals qui, au XIXe siècle, tenaient une place importante dans la société. Parmi les photographes de l'époque attirés par ces manifestations mondaines et qui, cependant, avaient conscience des limites de leur art, citons William Notman de Montréal, propriétaire de 21 studios au Canada et aux Etats-Unis. Notman s'était spécialisé dans les montages composites, énormes tableaux rassemblant des centaines de personnages. En 1878, pour la photo du bal de la Saint-André, il choisit des plaques de 20 x 25 cm pour les figures au premier plan, des cabinets pour celles du milieu et des cartes de visite pour celles de l'arrière-plan. Tous les personnages de ce tableau furent photographiés en studio au cours de diverses séances. Notman découpait ensuite tous les clichés et les assemblait comme il le désirait. Après le montage, il exécutait des retouches, puis rephotographiait le tableau dans sa totalité. Notman avait la certitude que ses travaux emporteraient un vif succès et que tous les participants voudraient s'en procurer une copie. Il ne se trompait pas. Il envoya ensuite son oeuvre à différentes expositions photographiques à l'étranger.
Au XIXe siècle, hormis ces quelques innovations, la photographie de danse, après l'époque de Disdéri, continua dans la tradition des simples portraits en studio, dépourvus de recherche artistique. Les idées révolutionnaires, les photos vraiment dynamiques, nous ne les devons pas aux photographes professionnels, mais aux scientifiques, aux peintres et aux photographes amateurs.