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12/06/2007

12/06/07 - 18:20

« La Gifle », Anton et Arturo Bragaglia, gélatino-bromure d’argent, 1912



C’est autour des applications scientifiques que se développent des pratiques certes sans buts esthétiques, mais susceptibles de remettre en cause certains principes apparemment inamovibles de l’art. L’œuvre scientifique de Marey, la chronophotographie, exploitée comme tell à la fin du siècle, recèle en fait une déconstruction du rapport temps-espace, cette liaison univoque qu’exprime encore l’instantané. En combinant sur un même cliché les situations spatiales et temporelles d’un corps en mouvement, il « donne à voir » les illusions visuelles par lesquelles nos sens enregistrent la réalité. Par ailleurs, le futurisme s’est fait une spécialité, dès 1909, d’explorer le rapport de l’homme moderne à la vitesse, donc au temps du mouvement. C’est dans ce contexte poétique, pictural, philosophique, que l’exemple de Marey est connu des peintres Balla ou Boccioni et mis en application par Bragaglia. Mais là où Marey avait promu l’analyse temporelle, Bragaglia veut recréer, par un système de pose continue, la synthèse d’un mouvement dans son déroulement complet (en lumière atténuée, devant un fon noir, selon les principes expérimentaux de Marey). Les expériences faites en ce sens par les frères Bragaglia en 1911-1912 menaient cependant à la rupture avec le groupe des peintres futuristes. La mystique sous-jacente à la « vision évanescente et pâle d’un visage ou, mieux encore, d’une âme », les tentations spirites de « l’artiste aspirant à se déchaîner dans les visions non figuratives », maintenaient le photodynamisme à l’écart du courant avant-gardiste.

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