« Sans titre », Heinz Loew, photomontage, 1927

Dans l’esthétique des années 1920, le Bauhaus tient une place dominante. Petit à petit, la photographie est devenue au sein de l’école d’arts appliqués une technique « d’éveil » et d’expérimentation formelle, un moyen d’accès méthodologique au réel, au même titre que les exercices de découpage et d’assemblage proposés par Albers. Etudiant dans la section de théâtre du Bauhaus, Loew met en œuvre des principes de déstructuration (plongée, contre-plongée, obliquité) de l’espace accessible avec les appareils à main, et aussi de techniques de double exposition ou de superposition de négatifs « en sandwich » : ici, un portrait de scène théâtral, combiné avec un profil en silhouette. Le Bauhaus insiste sur la prise de vue, la perception mécanique de l’appareil et la manipulation-collage, plus que sur le contenu imaginaire ou la qualité du tirage de l’épreuve. La nouvelle photographie, enseignée à Berlin, devient alors partie prenante des arts graphiques ; elle est déjà présente de manière diffuse mais constante dans les productions médiatiques.