Captations

28/05/2007

28/05/07 - 14:26

« Adolf », John Heartfield, projet de photomontage, 1932



Cette dénonciation radicale de la société de l’époque, que l’on retrouve aussi chez les cinéastes influencés par l’expressionnisme mettant en scène des monstres fabriqués par la société (Fritz Lang, Paul Wegener ou Robert Wiene), signale l’entrée brutale des artistes dans le jeu politique. Alors que Schwitters, Arp et Tzara proclament que l’art n’est ni prolétarien, ni bourgeois, John Heartfield passe de Dada à l’ « agit-prop », de la dénonciation à l’activisme. Sa pratique novatrice du photomontage est alors développée pour pallier le fait que les moyens traditionnels « prenaient du retard sur les évènements ». A partir du découpage et du montage d’éléments empruntés à d’autres représentations, ses couvertures pour le magazine AIZ et ses affiches pour le parti communiste allemand (KPD) acquièrent une force non seulement didactique mais aussi plastique. En 1933, avec l’accession de Hitler au pouvoir, ces rapports complexes et créatifs de l’art et de la politique sont brutalement stoppés. S’y substitue une volonté univoque de propagande qui fait qualifier toutes les avant-gardes de « Kulturbolchevismus ».

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