« Fading away (La mourante) », Henri Peach Robinson, épreuve albuminée, 1858

Autre adepte fervent du montage, Henry Peach Robinson (1830-1901) l’utilise pendant toute sa carrière et annonce les débuts du pictorialisme. Son influence sur le monde photographique passe également par son livre « Pictorial effect in photography » de 1869 réédité en plusieurs langues jusqu’à la première guerre mondiale. Il y donne les règles académiques et les recettes pour réaliser des photographies d’art adoptant les conventions picturales : « Quel que soit le moyen utilisé, l’art de faire une image a ses règles, tout comme la science photographique a ses formules. » son enseignement repose sur un postulat énonçant « qu’en photographie, tout est permis, même les tours de passe-passe, les trucages et les tricheries ». Il faut faire beau et pittoresque pour faire de l’art. « La Mourante », scène de genre à caractère dramatique, composée de 5 négatifs, représente une jeune femme à l’article de la mort entourée de sa famille. Cette photographie apporte gloire et célébrité à Robinson mais déchaîne aussi des critiques acerbes face à l’image photographique : on ne montre pas la mort !