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28/03/2007

28/03/07 - 02:57

Cartes de visite, Adolphe Disdéri, tirage d’après négatif au collodion, 1854



En 1854, la création par le photographe français Adolphe Disdéri (1819-1889) de la « carte de visite photographique » porte un coup fatal aux daguerréotypes, calotypes et même à l’albumine sur verre. A l’aide d’un appareil à 4 objectifs et d’un porte-plaque coulissant, on peut obtenir 8 vues sur une même plaque. Le prix en est assez modique : 20 francs la douzaine. On assiste à une véritable démocratisation du portrait. Tout le monde se fait photographier dans ces « temples de la photographie » que sont les ateliers luxueux que Disdéri crée à Paris, en province et à l’étranger. Le succès est immense, couronné par la visite de Napoléon III qui s’arrête chez lui en revenant d’Italie. Disdéri vend jusqu’à 2 400 épreuves par jour et bâtit gloire et fortune avec ces images sans grande valeur artistique, aux poses stéréotypées, mais que tout le monde collectionne dans des albums.
C’est à partir de ce type d’épreuves qu’après découpage et collage sur bristol sont réalisées les cartes de visite. Cette planche restée entière révèle, à travers les changements de poses, de vêtements et de points de vue, le travail photographique à l’œuvre dans le portrait, et le jeu du modèle : sa participation concrète à l’élaboration de son portrait. Vendues à la douzaine ou à la centaine, les cartes de visite s’offrent à toute occasion, dans la famille et entre amis, et vont remplir les albums de cuir à fermoir métallique, l’un des accessoires du salon du Second Empire. « Cet art de quatre sous mis à la portée de la vaniteuse gueuserie d’un siècle bon marché et de camelote » (Barbey d’Aurevilly) a modifié les relations sociales en propageant l’images des individus, en permettant à un large public d’avoir une vision « directe » de la société, du gouvernement ou des artistes.

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