Captations

28/03/2007

28/03/07 - 02:37

« Percement de la rue de Tholozé et moulins de Montmartre », Hippolyte Bayard, positif direct, 1843



Bayard découvre en mars 1839 le moyen d’obtenir des images positives directes, comme le souhaitaient également Niepce et Daguerre. Il avait ainsi mis au point son propre procédé de photographie sur papier, à mi-chemin de ceux de Daguerre et de Talbot puisqu’il permettait d’obtenir une image unique, sur papier, se formant directement dans la chambre noire sans passage par un négatif. Il rencontre en mai François Arago qui, pour des raisons encore mal définies, ne l’encourage pas dans sa démarche et préfère conserver son attachement à Daguerre et à sa méthode, mais on lui obtiendra tout de même une somme de 600 francs pour l’achat d’un meilleur objectif et d’une nouvelle chambre noire. Malgré tout, Hippolyte Bayard ne se laisse pas décourager et le 24 juin, à l’occasion d’une fête de bienfaisance, il montre au public une série de 30 images photographiques au milieu d’une exposition de peinture. La presse parisienne relate l’évènement avec intérêt – rappelons qu’à cette date le procédé de Daguerre n’est toujours pas dévoilé. Ce sera la première exposition de photographies réalisée dans le monde. Si Bayard ne semble pas avoir voulu s’attacher à une technique particulière, cherchant au contraire à expérimenter les méthodes nouvelles dont la photographie a toujours été prodigue, il est, en graphie, l’un des premiers « créateurs » d’images photographiques. Plus encore peut-être que Talbot, Bayard s’interroge visiblement sur la nature du « sujet » photographique, selon les impératifs d’une technique primitive : éclairage solaire direct, immobilité totale, granulation due au support papier du négatif. A partir de 1843, Bayard revient au positif direct dans une étonnante série d’images où il montre l’évolution de l’urbanisation d’un quartier de Paris en pleine mutation.
En octobre 1839, Hippolyte Bayard dépose un pli scellé à l’Académie des Sciences et révèle la technique de l’image latente avec développement : il noircissait à la lumière naturelle du papier traité au chlorure d’argent, le plongeait dans une solution d’iodure de potassium et l’exposait ensuite dans la chambre noire, opération durant laquelle le papier blanchissait à certains endroits. La fixation s’effectuait dans une solution d’hyposulfite de sodium. Cette lettre prouve l’antériorité de son invention sur celle de Talbot. C’est en novembre 1840 que l’Académie des Beaux-Arts proclame la supériorité de son procédé dont les images ont « l’avantage inappréciable et unique (…) d’être fixées sur le papier (…) et peuvent se porter en voyage, se classer en album, se passer de main en main, sans s’altérer par le temps, sans s’effacer par frottement ».

commentaires

Les commentaires sont automatiquement fermés aux visiteurs au bout de trente jours.