« La daguerréotypomanie », Théodore Maurisset, lithographie, 1840

Chaque appareil porte la signature de Daguerre, pèse 40 kg avec tous ses accessoires et coûte 400 francs, l’équivalent de 8 mois de salaire d’un ouvrier. Daguerre va être couvert d’honneurs et décorations par les rois de toute l’Europe. Durant 12 années, la manie du daguerréotype, la daguerréotypomanie, se répand dans toute l’Europe et la daguerréotypie devient la méthode photographique la plus utilisée au monde, la plus populaire, notamment aux Etats-Unis. En pleine époque de la ruée vers l’or et de la conquête de l’Ouest, pour une somme comprise entre 2 et 5 dollars, les pionniers, les chercheurs d’or, les fermiers, les bourgeois et les hommes politiques peuvent avoir leur portrait. Le peintre Samuel Morse, célèbre inventeur du télégraphe électrique, interviewe Daguerre au cours d’un voyage à Paris en avril 1839 et s’associe à William Draper. Il ouvre un des tout premiers ateliers de portrait à New York et un Français, François Gouraud, arrivé en Amérique en 1839, ancien élève de Daguerre, organise des conférences et des expositions publiques. Il donne des cours et publie des manuels pour expliquer la daguerréotypie. Cette lithographie montre la mesure de l’accueil réservé par la société au daguerréotype. C’est aux Etats-Unis que le daguerréotype connaît sa carrière la plus étonnante et la plus longue. Elle survient au moment où le peuple américain s’affirme dans ses institutions, son langage et sa littérature ; elle installe une image aussi neuve que le pays lui-même et profite de la passion de ce dernier pour la nouveauté et le progrès.